Ressources et économie circulaire
Dans le cadre de son engagement pour la transition écologique, Eiffage mène une démarche d’économie circulaire depuis plusieurs années qui a donné lieu à la formalisation d’une stratégie à part entière. Fruit d'une véritable prise de conscience face à l'urgence écologique, le Groupe s'engage dans la réduction de l'usage des matières premières et pour la préservation des ressources naturelles.
Économie circulaire : renforcer les solutions de réemploi et de revalorisation
Réemploi, déconstruction sélective, recyclage de matériaux… En matière d’économie circulaire, les équipes d’Eiffage cherchent à optimiser l’utilisation de produits et matériaux dès la phase d’études des projets, puis à en faire un usage responsable.
Pour ce faire, elles privilégient, en interne ou en partenariat avec des structures implantées localement, des procédés de valorisation matière au sens large, en mettant l’accent sur le réemploi quand cela est possible.
Un contexte réglementaire qui se renforce
En matière d’économie circulaire, le contexte réglementaire européen et français s’est précisé à partir de 2015, avec la publication de plusieurs textes d’application très attendus :
- 2015 : définition de l’expression « économie circulaire » dans la Loi de transition énergétique et croissance verte (LTECV) ; élaboration du paquet économie circulaire qui aboutira notamment à un protocole européen de traitement des déchets de construction et de démolition en 2016 ;
- 2018 : l’Union européenne publie un rapport sur les liens entre les matériaux critiques et l’économie circulaire, suite à un paquet dédié à l'économie circulaire. Une mise à jour de la directive Déchets de 2008 est également publiée afin de promouvoir les outils économiques permettant d’inciter à appliquer la hiérarchie de traitement, et les objectifs de valorisation associés ;
- 2020 : Programmation d'une filière REP (Responsabilité élargie des producteurs), Produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment (PMCB), dans la loi Agec (lutte contre le gaspillage et pour une économie circulaire).
- 2022 : La RE2020 a été étendue aux immeubles de bureaux et un système de traçabilité digitalisée est devenu obligatoire pour les déchets dangereux. Le réemploi est estimé à zéro émission carbone ;
- 2022 : intégration de l’économie circulaire dans les six critères définissant une économie soutenable au sens de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), dans la continuité de la taxonomie verte européenne.
- 2023-24: l'Ademe soutient un projet sur la sécurisation des pratiques de réemploi et des garanties associées, réunissant différents acteurs du secteur du bâtiment.
La filière REP PMCB se met en place, avec notamment un objectif de taux de réemploi à 5% d'ici 2028.
Un Groupe engagé et acteur de l'économie circulaire
En lien direct avec nos engagements stratégiques de construction bas carbone ainsi que nos objectifs de préservation et de respect de la biodiversité, Eiffage est engagé dans une démarche d'économie circulaire qui s'est concrétisée dès 2019 par une charte dédiée, dont les deux piliers opérationnels sont :
- éco-conception de nos ouvrages et chantiers;
- valorisation de la matière par le réemploi, la réutilisation et le recyclage.
Entre 2020 et 2022, Eiffage a largement approfondi son approche en matière d’économie circulaire, en y associant tous les métiers du Groupe parties prenantes du cycle de la matière (Construction, Énergie Systèmes, Génie Civil, Route), en lien avec la direction des achats et la direction du développement durable et de l'innovation transverse (DDDIT).
Ce travail collaboratif a contribué à formaliser la stratégie d’économie circulaire d’Eiffage.
Économie circulaire : maximiser la valorisation
Déconstruction sélective, réemploi ou encore recyclage de matériaux… Nos équipes cherchent à optimiser l’utilisation de matières premières dès la phase d’études des projets, puis à en faire un usage responsable (écoquartier LaVallée, ateliers de reconditionnement). Pour ce faire, nous privilégions, en interne ou en partenariat avec des structures implantées localement, des procédés de valorisation matière.
LaVallée : un écoquartier « démonstrateur » bas carbone de nos démarches d’économie circulaire
Dans le cadre du futur écoquartier LaVallée à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), porté par Eiffage Aménagement, un démonstrateur d’économie circulaire d’envergure a été mis en place en 2018 afin de réaliser la déconstruction sélective de l’ancienne École Centrale.
En premier lieu, un « diagnostic ressources » a été mené avant la phase de déconstruction de certains bâtiments de l’ancienne École Centrale. L’objectif : identifier le potentiel de réemploi du second œuvre (luminaires, portes, sanitaires, mains courantes, blocs secours,...) afin de récupérer tout ce qui pouvait l’être. Ce qui, par le passé, était perçu comme des déchets à traiter est devenu un gisement de matières à valoriser.
C’est ainsi qu’Eiffage Aménagement a incité ses partenaires, dès la phase d’appel d’offres en vue du curage et de la démolition, à privilégier la déconstruction sélective des bâtiments visés, afin d’améliorer la qualité des matériaux et produits déposés à valoriser. Concassés et recyclés, les bétons issus de la déconstruction des bâtiments ont ainsi pu être réutilisés in situ à 98 %. La première tranche de l’écoquartier livrée en 2022 a ainsi incorporé jusqu’à 30 % de granulats recyclés dans tous les bétons de superstructure des bâtiments.
Avec LaVallée à Châtenay-Malabry, nous sommes allés beaucoup plus loin que ce qui se fait habituellement, en mettant en place un circuit d’économie circulaire à grande échelle pour la réutilisation des matériaux de déconstruction.
Réemploi de matériaux et réutilisation
Le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas !
Le réemploi de matériaux vise à valoriser les déchets de déconstruction et à diminuer l’utilisation de matières premières vierges, voire d'en éviter la production.
L1ve : un projet exemplaire en termes de réemploi
La réhabilitation lourde de l’ancien siège social de Peugeot - rebaptisé L1ve et situé 75 avenue de la Grande Armée à Paris est un modèle en termes d'économie circulaire et de réémploi.
3 matériaux issus du réemploi et de la réutilisation ont été employés :
- Les chemins de câble : l'association Réavie a déposé et fourni des chemins de câble qu'elle a reconditionné dans son atelier d'insertion situé à La Courneuve (93), pour une économie carbone de 384 kg d'eq CO2
- Les dalles de faux plancher : l'entreprise Mobius a récupéré 2 700 m² de dalles de faux plancher issues d'un chantier de curage à Dijon qu'elle a requalifié et reconditionné en Ile-de-France pour une économie carbone de 196 830 kg d'eq CO2
- Le revêtement de sol : les 835 m² de granit Labrador vert déposés de la façade ont été retravaillés et transformés pour être réutilisés en dalles de sol pour une économie carbone de 59 580 kg d'eq CO2
RéaVie : réemploi de matériaux du bâtiment, insertion professionnelle et sensibilisation
Eiffage accompagne notamment le travail de différents acteurs associatifs dont l’association RéaVie en Île-de-France, cofondée par des professionnels du BTP, qui contribue à la sauvegarde de centaines de produits, équipements et matériaux en cherchant à favoriser leur réemploi.
Sur le chantier de l'écoquartier de Châtenay-Malabry (ex-campus de l’Ecole Centrale Paris), une plateforme expérimentale de réemploi, baptisée Solid’R a même été créée. Les matériaux étaient collectés, triés, réparés et reconditionnés puis vendus à des associations ou particuliers à faibles revenus. Certains ont également été transformés par les ateliers couture et menuiserie, notamment les rideaux de chambres d'étudiants.
Pour allier davantage économie circulaire et solidarité, 7 amphithéâtres ont été déposés méthodiquement pour ensuite être reconditionnés et envoyés au Sénégal en novembre 2018 pour faire l’objet d’un chantier solidaire. Ils ont trouvé une nouvelle vie au sein d'un nouveau campus de l’Université Sine Saloum El-Hâdji Ibrahima NIASS (USSEIN), à vocation agricole pour la sécurité alimentaire, le développement durable et la prospérité.
Mutualisation des usages et logistique de valorisation
Les synergies de mutualisation qui visent à mettre en commun certains besoins ou encore à partager certaines ressources ou équipements sont un aspect essentiel de notre stratégie.
C’est pourquoi, nous développons des dispositifs de mutualisation de services ou d’usages, telle que la plateforme d'économie circulaire Noé, ou encore les concepts mis en place sur l'écoquartier Smartseille, ainsi que des offres intégrant directement des usages multiples, comme le dispositif d’habitat Cocoon’Ages®.
L'écoquartier Smartseille : un exemple de mutualisation des usages
Situé à Marseille, Smartseille s’inscrit dans un projet plus global de reconversion d’un site industriel de 170 hectares, dans le cadre de l’extension du périmètre d’Euroméditerranée en 2009.
Ce projet, devenu le plus grand chantier de requalification urbaine d’Europe, vise à devenir un laboratoire de la ville durable, avec l'adaptation aux spécificités climatiques, géographiques, culturelles et aux usages méditerranéens.
Solidarité énergétique® : la boucle à eau de mer
Fondée sur le principe de solidarité énergétique®, imaginé par Eiffage dans le cadre de Phosphore, Smartseille dispose d'un réseau de chaleur permettant les échanges thermiques entre les bâtiments.
C'est à dire que les calories des immeubles de bureaux puissent chauffer les logements - et inversement.
Raccordé à la boucle thalassotermie (boucle à eau de mer), mise en œuvre par EDF, le système permet de chauffer et rafraîchir les espaces de vie par échange thermique avec la mer, avec 30% d'économies d'énergie à la clé.
Ceci permet d'obtenir une énergie décarbonnée à l'abri des variations de prix des énergies fossiles.
Des places de parkings mutualisées
L'écoquartier Smartseille intègre également un concept d'usages partagés, le parking mutualisé. Il prévoit de démultiplier l’usage des places de stationnement qui pourront être affectées à plusieurs occupants au cours de la même journée.
Les 650 places de stationnement sont mutualisées en fonction des périodes d'occupation entre les bureaux (la journée) et les logements ainsi que l'hôtel (la nuit).
Une application sert à gérer le stationnement entre les personnes venues pour travailler dans les bureaux et les résidents.
Résidences intergénérationnelles Cocoon’Ages®, des espaces partagés
Cocoon’Ages® est un dispositif d’habitat intergénérationnel qui associe une architecture adaptée à une offre de services-animation. Il permet d’établir des relations synergiques de solidarité et de proximité et d’atténuer les situations de fragilité.
Les résidences sont accessibles et adaptées aux seniors ainsi qu’aux personnes fragiles grâce à son implantation à proximité des commerces, services et transports et sa facilité d’accès. Des espaces partagés (jardin, cuisine), propices aux échanges, sont dynamisés grâce à un accompagnement quotidien (maison des projets pour accueillir tout type d’activités, bureau gestionnaire-animateur).
Noé, plateforme physique d'économie circulaire
Noé est une plateforme physique d’économie circulaire qui rassemble et mutualise les besoins de 170 entreprises adhérentes (TPE/PME, démolisseurs, travaux publics…), en mettant à leur disposition une multiplicité de services qui réduisent la rotation de camions et le risque de congestion : formations, gestion des déblais et remblais, surtri pour traitement et traçabilité des déchets….
Mise en service à Bordeaux, dans le cadre du plus grand projet d’aménagement de France en milieu urbain – 2,5 millions de m² à bâtir sur 20 ans –, la plateforme apporte une solution concrète aux risques de congestion et d’émissions carbone associés au chantier.
Outil très innovant, Noé permet d’adapter les modes d’organisation actuels aux contraintes de la construction en milieu urbain dense, tout en atteignant de véritables performances environnementales.
L’ élément suivant est une vidéo La plateforme Noé expliquée en vidéo
Atelier Lavoisier – Reconditionnement et réemploi de matériaux en région Bourgogne Franche Comté
Inauguré en mars 2025, l’Atelier Lavoisier s’étend sur plus de 800 m² à Longvic (21).
Il permet de récupérer des produits issus de la déconstruction et de les reconditionner pour être reposés sur des chantiers de réhabilitation ou de neuf.
La gamme de matériaux reconditionnés comprend plusieurs produits : WC sur pied, cuvettes suspendues, lavabos sur colonne, urinoirs, vidoirs, etc.
En 2025, ce sont plus de 450 sanitaires qui ont été réemployés sur des chantiers régionaux, avec pour objectif de doubler la production en 2026.
Cet atelier permet à Eiffage Construction d’augmenter ses approvisionnements en produits de réemploi, et ainsi de réduire les déchets de ses chantiers, tout comme leur empreinte carbone !
L’ élément suivant est une vidéo Découvrez en vidéo l'atelier de reconditionnement Lavoisier à Longvic (21)
Réemploi, économie circulaire : comment accélérer ?
Visionnez le Replay de l'émission dédiée au réemploi dans le bâtiment.
Pour évoquer ce thème, des experts reconnus de l’économie circulaire, du bâtiment et de la déconstruction sélective étaient présents tels que :
- Emmanuelle Ledoux, directrice générale de l’Institut de l’Economie Circulaire,
- Nicolas Volckaert, directeur juridique & affaires institutionnelles d’Entreprises Générales de France,
- Marie Massol, chargée de développement du réemploi national chez DEMCY, filiale d'Eiffage Génie Civil
- Gabriel Sibille, directeur aménagement et habitat durable de Est Métropole Habitat,
- Jean-Christophe Terrier, directeur environnement & transformation et ingénierie d'Eiffage Construction